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Haïti : l’ampleur inquiétante des violences faites aux femmes en six mois

Les violences sexuelles et basées sur le genre (VBG) ont atteint des proportions alarmantes en Haïti au cours du premier semestre 2026. Selon les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 5 500 cas ont été officiellement enregistrés entre janvier et juin. Un bilan qui, aussi effarant soit-il, ne reflète qu’une partie des souffrances, tant la peur des représailles et la stigmatisation dissuadent encore de nombreuses victimes de briser le silence.

Le deuxième trimestre a été particulièrement meurtrier. Les mois d’avril à juin ont concentré à eux seuls plus de 3 000 cas, dont plus de 1 000 pour le seul mois de juin, a indiqué Farhan Haq, porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU. Cette accélération témoigne de la dégradation rapide de la situation sécuritaire, où les femmes et les filles paient un lourd tribut dans un conflit qui les dépasse.

Près de 70 % des cas signalés concernent des viols, dont une proportion préoccupante de viols collectifs. Ces atrocités sont très souvent attribuées aux groupes armés qui sévissent dans la capitale et ses environs, utilisant le viol comme une arme de terreur pour asseoir leur emprise sur les populations civiles.

Plus de la moitié des survivantes recensées sont des femmes et des filles déplacées, qui ont tout perdu : leur foyer, leurs biens, et parfois leurs proches. Entassées dans des camps improvisés où l’intimité n’existe pas, elles sont exposées à des risques quotidiens d’agression, dans un environnement où la protection est quasi absente.

Face à cette tragédie, les Nations Unies et leurs partenaires tentent d’apporter une réponse. Certaines survivantes bénéficient de soins médicaux d’urgence, d’un soutien psychosocial et d’espaces sûrs où elles peuvent se reconstruire. Mais ces dispositifs restent insuffisants face à l’ampleur des besoins, et les moyens alloués sont largement en deçà des nécessités.

Alors que les violences basées sur le genre progressent à une vitesse fulgurante, les Nations Unies lancent un appel urgent en vue de renforcer les moyens de protection, débloquer des fonds supplémentaires et placer la dignité des survivantes au cœur des priorités internationales.

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