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Haïti signe le MASA : un pas vers le désenclavement malgré la crise

En marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé et la Secrétaire générale de la CARICOM, Dr Carla Barnett, ont signé le 21 septembre 2026 l’Accord multilatéral sur les services aériens (MASA). Selon la Primature, cette signature ouvre de nouvelles perspectives en matière de connectivité aérienne, de mobilité régionale et de coopération. Elle doit faciliter l’établissement de nouvelles liaisons avec les États de la Caraïbe, favoriser la circulation des personnes et des marchandises, soutenir le tourisme et les échanges commerciaux, et renforcer la compétitivité du transport aérien.

Le Premier ministre a qualifié le désenclavement d’Haïti de « priorité stratégique », soulignant qu’il s’agit de stimuler l’activité économique, de créer des opportunités pour les entreprises et de renforcer les liens entre le peuple haïtien et les autres peuples de la Caraïbe. La signature s’inscrit aussi dans la volonté de renforcer la sécurité et la sûreté aériennes, via une meilleure harmonisation avec les standards internationaux.

Le MASA est l’instrument juridique central de la CARICOM pour établir un marché unique du transport aérien. Il vise à uniformiser les normes et pratiques, à garantir la cohérence des licences et certifications du personnel aéronautique, et à assurer que les services internationaux soient fournis par des transporteurs viables et qualifiés. Douze États membres l’ont signé, dont onze l’ont ratifié ; l’adhésion d’Haïti élargit cette liste.

Mais entre l’ambition affichée et la réalité, l’écart reste considérable. La connectivité aérienne d’Haïti a été durement éprouvée : American Airlines a suspendu indéfiniment ses vols vers Port-au-Prince en décembre 2024, après que la FAA a interdit aux vols commerciaux américains de survoler Haïti à basse altitude, en raison d’attaques de gangs contre des aéronefs. En mars 2026, l’interdiction a été prolongée jusqu’au 3 septembre, la FAA invoquant « l’incapacité persistante des forces de sécurité haïtiennes à empêcher les attaques » dans la capitale.

Actuellement, Sunrise Airways est la seule compagnie à assurer un service passagers régulier entre Port-au-Prince et les États-Unis. Un tournant est apparu en juin 2026, lorsque American Airlines a annoncé la reprise de ses vols le 1er novembre, mais à destination de Cap-Haïtien, dans le nord, plutôt que de la capitale en proie aux gangs.

Le MASA offre, en théorie, un cadre permettant aux transporteurs haïtiens d’étendre leurs routes dans la région sans négociations bilatérales. Pour un pays géographiquement proche mais longtemps isolé, ce dividende institutionnel n’est pas négligeable. Reste que, sans sécurité à l’aéroport de la capitale et sans sortie de crise politique, les opportunités de la libéralisation aérienne ne pourront se matérialiser pleinement.

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