Une importante prise d’otages a viré au drame dans le Bas-Artibonite, le samedi 26 septembre 2026. Plus de 500 personnes ont été retenues par des membres des gangs « Palmiste » et « Gran Grif », dans le cadre de représailles liées à l’enlèvement présumé de deux de leurs proches par un groupe d’autodéfense. Si les otages ont finalement été relâchés après la récupération des deux personnes recherchées, le bilan humain demeure lourd : au moins huit personnes ont été tuées et une dizaine d’autres blessées.
Les victimes se trouvaient dans différents endroits du secteur au moment de leur enlèvement. Certaines revenaient du marché de Pont-Sondé, tandis que d’autres circulaient sur la route de Palmiste ou regagnaient leur domicile après diverses activités, selon les informations communiquées par Bertide Horace, porte-parole du Collectif Dialogue, Réconciliation et Conscientisation pour la Défense des droits humains.
À l’origine de cette opération, les gangs auraient voulu obtenir la libération de deux personnes qu’ils considéraient comme leurs proches. Parmi elles figurait une jeune femme présentée comme la nièce de Jonas Israël, l’un des chefs du gang « Palmiste », ainsi que comme la sœur d’un autre responsable de ce groupe. Elle aurait été enlevée avec un chauffeur de taxi par des membres d’un groupe d’autodéfense.
La tension est rapidement montée d’un cran lorsque les groupes armés ont diffusé une vidéo montrant plusieurs des personnes retenues. Dans cette vidéo, un délai de 30 minutes aurait été accordé pour obtenir la libération des deux personnes détenues par le groupe d’autodéfense. Les ravisseurs auraient également menacé de s’en prendre aux otages si leur exigence n’était pas satisfaite.
Pris de panique face à ces menaces, plusieurs otages auraient tenté de prendre la fuite. Cette tentative s’est soldée par des violences meurtrières. Selon Bertide Horace, au moins huit personnes ont été abattues ou tuées à coups de machette, alors qu’une dizaine d’autres ont été blessées.
La situation a finalement évolué après l’intervention de la Police nationale d’Haïti. Des démarches auraient été entreprises pour récupérer les deux personnes détenues par le groupe d’autodéfense et faciliter leur retour auprès de leurs familles. C’est à la suite de leur libération que les gangs auraient relâché les centaines d’otages.
« La jeune dame et le chauffeur avaient été enlevés en raison de leurs liens familiaux avec les gangs », a expliqué Bertide Horace. Elle précise toutefois que la jeune femme ne vivait pas dans la zone concernée.
Les groupes armés ont par la suite diffusé des vidéos annonçant la libération des personnes retenues.
Cette nouvelle flambée de violence illustre une nouvelle fois la détérioration de la situation sécuritaire dans le Bas-Artibonite. Depuis plusieurs années, les populations de cette région sont confrontées à la présence et aux affrontements de groupes armés, qui exercent leur influence sur plusieurs localités et axes routiers stratégiques.
Ces violences répétées entraînent également des déplacements de population et compliquent davantage la circulation des personnes et des marchandises dans le département.









