À la veille du cinquième anniversaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse, ce mardi 7 juillet 2026, l’Alliance Nationale des Forces Organisées et Solidaires pour Haïti (ANFOS pour Haïti) a publié un communiqué dans lequel elle interpelle les autorités judiciaires et la communauté nationale sur l’urgence d’un procès équitable, transparent et indépendant.
Dans ce texte, ANFOS pour Haïti salue les récentes évolutions du dossier, notamment les décisions rendues par le juge Jean Denis Cyprien, tout en mettant en garde contre le risque d’une « mémoire en suspens ». « Cinq années d’attente ne sauraient se transformer en cinq années d’oubli », souligne l’organisation, qui rappelle que la commémoration du 7 juillet 2026 impose un devoir de vérité, de justice et de mémoire, non seulement envers le président disparu, mais aussi envers une « nation meurtrie ».
L’Alliance, qui se veut un acteur de la société engagé pour l’État de droit, insiste sur la nécessité d’un procès « juste, impartial et équitable », dans le respect des droits de toutes les parties impliquées. Pour ANFOS pour Haïti, ce procès ne saurait se réduire à une formalité judiciaire. Il doit constituer une « tribune pour la restauration de la dignité du peuple haïtien » et marquer une « rupture définitive » avec les pratiques de conspiration qui jalonnent l’histoire nationale. L’organisation fait ainsi le lien entre le magnicide du 7 juillet 2021 et d’autres tragédies historiques, comme celle du 17 octobre 1806, pour appeler à bannir définitivement ces « pratiques contre-productives » qui hypothèquent l’avenir du pays.
Dans son communiqué, ANFOS pour Haïti affirme qu’une « démarche judiciaire crédible, indépendante et transparente » est la seule voie permettant d’identifier et de poursuivre, devant les juridictions compétentes, les véritables responsables de ce crime qui a profondément marqué la conscience nationale.
Au-delà des clivages politiques et des enjeux économiques, l’organisation estime que la quête de vérité est une exigence impérieuse pour la réconciliation nationale. Elle est également présentée comme un préalable à la restauration de la confiance des citoyens dans les institutions et au renforcement d’une gouvernance fondée sur la responsabilité et la reddition de comptes.
« Feu le Président Jovenel Moïse, en sa qualité d’émanation de la volonté souveraine du peuple, a droit à ce que justice lui soit rendue. Le peuple haïtien, quant à lui, est en droit d’attendre un traitement à la hauteur de son histoire, façonnée par l’idéal de liberté et le respect des droits humains fondamentaux, au premier rang desquels figure le droit à la vie », conclut le texte, signé par Walsonn Sanon, Coordonnateur National a.i. d’ANFOS pour Haïti.

