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Des « parrains » de l’insécurité en Haïti bientôt face à leurs juges

La Cour d’appel de Port-au-Prince a rendu, ce mardi 21 juillet 2026, une décision qui fait vaciller les murs de l’impunité. En confirmant le renvoi devant le tribunal criminel de trois anciens dignitaires de l’État – Magalie Habitant, Victor Prophane et Elionor Devallon – les magistrats ont posé un acte politique et judiciaire majeur. Ces figures, qui ont occupé de hautes sphères de l’administration publique, vont désormais devoir s’expliquer sur leur rôle supposé dans la décomposition sécuritaire d’Haïti.

L’ordonnance rendue ce mardi par la juridiction d’appel ne se contente pas de valider le travail d’instruction mené par le juge Benjamin Félismé. Elle dévoile, par sa sévérité, l’ampleur du réseau criminel que ces trois prévenus auraient contribué à tisser. L’ex-député Victor Prophane, l’ancienne directrice générale du SNGRS Magalie Habitant et l’ex-directeur de la CAS Elionor Devallon sont accusés de bien plus que de simples « complicités » passives.

Les charges retenues – soutien logistique aux groupes armés, financement du terrorisme et participation active à la coalition criminelle « Viv Ansanm » – les désignent comme des architectes de l’insécurité, ayant utilisé leurs positions stratégiques pour détourner des fonds publics vers l’armement des gangs et offrir un bouclier politique aux bourreaux des quartiers populaires.

En déboutant les recours des inculpés, la Cour d’appel a torpillé les stratégies dilatoires dont ces derniers usaient pour échapper à la justice. Le choix d’un procès sans assistance de jury, confirmé par l’arrêt, traduit la volonté des juges de soustraire cette affaire hors norme aux risques d’intimidation ou de corruption qui pèsent sur les jurys populaires dans un contexte de terreur généralisée.

En attendant l’ouverture prochaine des débats criminels, cette décision envoie un signal clair : nul ne peut se prévaloir de son rang ou de ses anciennes fonctions pour se placer au-dessus des lois.

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