Le journaliste Wesly Renaud Jean a recouvré la liberté dimanche 27 septembre, après vingt-deux jours de captivité. Enlevé le 6 septembre à Delmas 31, il aurait été libéré contre le versement d’une rançon dont le montant n’a pas été divulgué . Cette libération met fin à près de trois semaines d’angoisse pour ses proches, ses collègues de Radio Télé Métropole et toute la corporation.
Toutefois, ce dénouement heureux ne doit pas masquer une réalité autrement plus sombre : les enlèvements se multiplient dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où les gangs armés contrôlent une large partie du territoire . Le cas de Wesly Renaud Jean n’est malheureusement pas isolé. Depuis plusieurs mois, de nombreuses personnes sont victimes de kidnappings, souvent suivis de demandes de rançon.
Parmi les disparus, le professeur James Broyard demeure en captivité depuis près de quatre mois. Enlevé le 11 juin entre Bourdon et Delmas, l’ancien inspecteur général de la Police nationale et chef de cabinet du ministre de la Défense n’a toujours pas été libéré . Sa fille, enlevée en même temps que lui, reste également aux mains des ravisseurs, selon les informations disponibles. Malgré plusieurs mobilisations d’étudiants et les appels de la société civile, le silence du gouvernement sur ce dossier est assourdissant .
La libération d’un journaliste ne saurait faire oublier l’urgence de la situation sécuritaire en Haïti. Chaque jour qui passe, des membres de toutes les catégories de la société demeurent exposés à la violence des gangs. Tant que James Broyard et tant d’autres resteront entre les mains de leurs ravisseurs, la liberté retrouvée de Wesly Renaud Jean ne pourra être qu’un soulagement partiel face à une crise qui, elle, persiste.

