Le chef de l’État français, Emmanuel Macron, est monté au créneau pour dénoncer les scènes de destruction et de pillage qui ont émaillé les mobilisations du 17 octobre. Il a tenu à établir une ligne de démarcation nette entre les citoyens porteurs de revendications légitimes et les individus qui, selon lui, se sont servis de ces rassemblements comme d’un prétexte pour semer le trouble.
Selon le président français, il serait injuste de confondre l’ensemble des manifestants avec les auteurs de ces débordements. Il a réaffirmé que le droit de manifester et de faire valoir ses opinions demeure fondamental, mais qu’il ne saurait en aucun cas justifier la dégradation de biens publics ou privés. Emmanuel Macron n’a pas caché son indignation et sa honte face à ces événements, prévenant que l’exécutif n’accorderait aucune indulgence aux personnes responsables des saccages et des vols.
Soucieux d’empêcher la répétition de tels désordres, le président a enjoint aux préfets, relais de l’État dans les départements, d’adopter toutes les dispositions utiles pour assurer la protection des habitants et des agglomérations. En fonction du degré de danger, les autorités pourraient aller jusqu’à prohiber certaines concentrations si la sécurité du public leur semble compromise. Cette orientation place les autorités décentralisées devant la nécessité de concilier deux impératifs : prévenir les débordements tout en garantissant l’exercice du droit de manifester.
Du côté du ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez a lui aussi admis que la gestion des rassemblements du 17 octobre avait présenté des lacunes importantes, plusieurs villes ayant été le théâtre de pillages et de dégradations. Il a présenté sa démission au président Macron, qui a toutefois refusé de la lui accepter, tout en l’invitant à réexaminer les dispositifs de sécurité.
Interrogé sur France Inter le lundi 19 octobre, le ministre de l’Intérieur a reconnu que les forces de l’ordre n’avaient pas réussi à maîtriser pleinement la situation dans certaines grandes agglomérations. Les services de l’État tablaient sur environ 200 000 participants, alors que la mobilisation a rassemblé plus de 550 000 personnes, un décalage qui a fortement éprouvé le dispositif déployé. À cela se sont ajoutés les agissements de ceux qui ont profité de l’occasion pour dévaliser des commerces et détruire des biens, contribuant à aggraver le chaos. Laurent Nuñez endosse la responsabilité de ces manquements et voit dans sa démission un geste de reconnaissance de la gravité de la situation.
Emmanuel Macron a néanmoins décidé de le garder à son poste. D’après l’Élysée, il importe de préserver une continuité dans le commandement des forces de sécurité alors que le pays traverse une période de vives tensions. Le président a demandé à son ministre de l’Intérieur de faire toute la lumière sur les défaillances observées en matière de prévision et de renseignement, et de déployer de nouvelles modalités d’action contre les auteurs de violences, de pillages et de destructions. Cette affaire relance le débat sur la capacité du gouvernement à garantir la sécurité des personnes et des biens durant les grandes mobilisations sociales.

