L’Union européenne ne se contente plus d’être un bailleur de fonds traditionnel pour Haïti. Avec l’initiative Global Gateway, Bruxelles propose un nouveau modèle de coopération, fondé sur des investissements durables et un dialogue renouvelé avec le secteur privé. C’est dans cet esprit que se tiendra, le lundi 29 juin à Pétion-Ville, le premier Forum National des Investissements, une rencontre inédite qui ambitionne de repositionner Haïti comme un partenaire clé de la stratégie européenne à l’échelle des Caraïbes.
Portée par les associations patronales haïtiennes, qui ont exprimé le souhait de bâtir un partenariat opérationnel avec l’Europe, cette initiative marque un tournant dans la manière d’envisager le développement du pays. Fini le temps des aides déconnectées des réalités locales : Global Gateway entend mobiliser à la fois des ressources publiques et privées pour des projets concrets, en plaçant le secteur privé haïtien au cœur de la dynamique.
Le Forum accueillera le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la représentante de l’Union européenne en Haïti, Mme Hélène Roos, ainsi que les ministres sectoriels concernés. Aux côtés des représentants de l’État et des institutions européennes, les grandes organisations patronales du pays – ADIH, CCIH, CFHCI, APHA, ATH, CCIHC – seront également présentes pour porter la voix des entrepreneurs haïtiens et faire valoir leur expertise du terrain. Des institutions financières comme la Banque Européenne d’Investissement et Proparco seront aussi de la partie, prêtes à étudier les projets qui émergeront des discussions.
Trois secteurs prioritaires ont été identifiés conjointement par Haïti et l’Union européenne pour structurer les travaux :
Transports et Logistique : la réhabilitation des ports et aéroports, la modernisation des corridors logistiques et le renforcement de la connectivité régionale ;
Énergie et Industries extractives : l’électrification du territoire, la transition énergétique et la valorisation responsable du potentiel minier ;
Agriculture et Agro-alimentaire : le développement des chaînes de valeur, la promotion d’une agriculture naturellement biologique et l’accès aux marchés caribéens et européens.
Ces axes ne sont pas le fruit d’un compromis technocratique imposé de l’extérieur. Ils résultent d’un dialogue approfondi entre les autorités haïtiennes, le secteur privé et la Délégation de l’Union européenne, avec la coordination du Bureau de l’Ordonnateur National (BON). L’objectif est clair : faire de ce Forum le premier jalon d’un partenariat renouvelé, mutuellement bénéfique, où Haïti ne se contente plus de recevoir, mais propose, négocie et co-construit.
Pour le secteur privé haïtien, c’est l’occasion de sortir de l’ombre et de s’affirmer comme un acteur incontournable du développement national.

