En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Haïti a fait entendre sa voix sur l’un des dossiers les plus sensibles de son agenda diplomatique : la consolidation de la paix. Le Ministre de la Défense, Mario Andrésol, a pris part, jeudi 24 septembre 2026, à la réunion ministérielle de la Commission de consolidation de la paix, placée sous le thème : « Appropriation nationale en pratique : renforcer les institutions étatiques inclusives grâce au soutien international à la consolidation de la paix ».
Cette rencontre de haut niveau a permis à la délégation haïtienne de présenter sa vision d’un partenariat international recentré autour de principes clairs : l’appropriation nationale, la souveraineté de l’État, la responsabilité institutionnelle et le renforcement durable des capacités nationales. Une manière, pour Port-au-Prince, de rappeler que l’aide extérieure ne saurait se substituer aux institutions du pays.
Le ministre Andrésol a, dans son intervention, dressé un tableau lucide des défis auxquels Haïti demeure confrontée. Il a cité la persistance de l’insécurité et de la violence armée, les déplacements de populations, la fragilisation du tissu institutionnel ainsi que les contraintes qui pèsent sur l’accès aux services essentiels.
Face à cette réalité, il a réaffirmé la détermination du Gouvernement à poursuivre les efforts engagés pour restaurer l’autorité de l’État. Il a notamment évoqué le renforcement des capacités opérationnelles et institutionnelles de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti, la consolidation de l’État de droit et la lutte contre l’impunité, tout en insistant sur la nécessité de créer les conditions favorables à l’organisation d’élections crédibles, inclusives et transparentes.
Le ministre de la Défense a également plaidé pour que la consolidation de la paix soit pensée de manière globale, en articulant sécurité, gouvernance, justice, développement économique et social. Il a souligné l’importance de créer des opportunités pour la jeunesse et d’assurer une participation effective des femmes, de la société civile et des collectivités locales.
M. Andrésol a en outre formulé plusieurs attentes précises en ce concerne l’appui international. Il a plaidé en faveur d’une meilleure cohérence des mécanismes d’assistance, d’un renforcement des institutions et dispositifs nationaux ainsi que d’une coordination accrue des interventions des partenaires d’Haïti. Il a surtout insisté sur la nécessité d’un soutien prévisible, flexible, durable et adapté aux réalités nationales, dans le plein respect de la souveraineté et des priorités définies par l’État haïtien.
Le ministre haïtien de la Défense a réaffirmé que la consolidation durable de la paix en Haïti doit reposer sur des solutions conçues, portées et mises en œuvre avec les acteurs nationaux. Il a appelé à un partenariat international fondé sur l’accompagnement, le renforcement des capacités et la responsabilité partagée, sans substitution aux institutions de l’État.
Au-delà de la tribune onusienne, le message d’Andrésol résonne comme un rappel : la paix en Haïti ne se décrète pas de l’extérieur, elle se construit de l’intérieur.

