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Haïti-Elections : l’OIDG doute d’un scrutin crédible faute d’un registre électoral suffisant

À moins de trois mois du scrutin du 13 décembre 2026, le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié lundi 21 septembre un bilan d’étape qui met en lumière un écart préoccupant entre les objectifs annoncés et la réalité du terrain. L’institution revendique 1 285 Centres d’inscription et de vote opérationnels dans les dix départements et 628 755 électeurs enregistrés, soit à peine plus de 10 % de l’électorat potentiel.

C’est ce chiffre qui alarme l’Observatoire international pour la démocratie et la gouvernance (OIDG). Au rythme actuel de 3 953 inscriptions par jour, il faudrait près de 980 jours pour atteindre les 4,5 millions d’électeurs visés avant la clôture du registre, fixée au 13 octobre 2026. L’organisation qualifie cet écart d’« abyssal » et estime qu’il compromet la représentativité du futur corps électoral.

Son président, Dr Amboise Guillaume, a publiquement jugé « techniquement impossible » la tenue des élections d’ici la fin de l’année, invoquant une insécurité qui rend inaccessibles de vastes portions du territoire. Pour l’OIDG, le problème dépasse le simple retard logistique : il engage la légitimité même du scrutin. Un registre ne couvrant qu’une fraction des électeurs exposerait le pays à une crise de légitimité supplémentaire.

L’Observatoire avait déjà alerté, dans une note du 18 août 2026, sur le risque d’une « exclusion de fait » de la diaspora haïtienne, faute de mesures concrètes pour permettre aux Haïtiens de l’étranger de s’inscrire et de voter.

Les disparités régionales accentuent ces craintes. Le Sud-Est affiche le meilleur taux (16 %), suivi de la Grand’Anse (15 %) et des Nippes (14,5 %). Mais l’Ouest, le plus peuplé et incluant la capitale, ne compte que 148 centres opérationnels, dans une zone où l’insécurité limite fortement l’accès aux services électoraux.

Sur le front des candidatures, 588 dossiers ont été enregistrés : 7 pour la présidence, 162 pour le Sénat et 419 pour la députation. Trente structures politiques ont transmis leurs listes de membres, mais seules 21 organisations sur 105 agréées s’étaient conformées à cette exigence au 3 septembre, contraignant le CEP à prolonger les délais jusqu’au 9 octobre.

Le CEP poursuit néanmoins la formation de son personnel : 2 853 agents du registre, 4 643 agents de sécurité et plus d’un millier de commissaires et juges électoraux formés sur le contentieux dans neuf départements. Un centre a aussi été ouvert à la SONAPI pour desservir Cité-Soleil.

Mais les obstacles demeurent. Le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, rappelle que les gangs contrôlent 80 % à 90 % de Port-au-Prince, et Haïti manque encore d’environ un million de cartes d’identification, préalable indispensable à l’inscription. Entre registre squelettique, insécurité et candidatures en cours de validation, la route vers le 13 décembre reste semée d’embûches.

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