Site icon Radio Télé Confiance

Haïti : le mandat de la FRG prorogé jusqu’au 31 mars 2027

Réuni ce mardi, le Conseil de sécurité a voté la reconduction du mandat de la Force de répression des gangs, désormais valable jusqu’au 31 mars 2027. La résolution a recueilli douze suffrages favorables, sans opposition, mais trois délégations ont choisi de ne pas participer au vote : la Chine, la Russie et le Pakistan. Ces abstentions traduisent les doutes persistants de plusieurs capitales sur la viabilité réelle de ce dispositif.

Sur le papier, la Force est autorisée à compter 5550 hommes et femmes, dont une cinquantaine de civils. Dans les faits, le tableau est tout autre. Moins d’un quart des personnels prévus a été réellement déployé, ce qui limite drastiquement sa capacité d’action sur un territoire largement contrôlé par les bandes armées. Les responsables de la mission reconnaissent eux-mêmes que l’objectif de pleine capacité restera hors de portée à court terme.

Les obstacles matériels expliquent en grande partie ce retard. L’acheminement du matériel, l’absence d’infrastructures routières sûres et la coordination entre contingents venus d’horizons très divers compliquent chaque déploiement. À cela s’ajoutent des difficultés financières chroniques : le financement repose sur des contributions volontaires, ce qui entretient une incertitude permanente et fragilise la planification. Cette même fragilité avait contribué à l’échec de la mission précédente, dirigée par le Kenya, dont le mandat s’est achevé en avril 2026.

Vendredi dernier, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s’est adressé à l’Assemblée générale de l’ONU pour demander non seulement la prorogation du mandat, mais surtout un renforcement substantiel de la Force. Il a insisté sur le fait qu’un texte juridique, aussi solide soit-il, ne remplace ni les soldats, ni les équipements, ni la volonté politique d’aller jusqu’au bout. Le chef du gouvernement a également rappelé les efforts entrepris par Port-au-Prince pour former ses propres forces de sécurité, tout en soulignant que le pays ne demandait pas à être sauvé, mais accompagné.

La violence, elle, ne marque aucune pause. Lundi, une localité de la commune de Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite, a été le théâtre d’un nouveau carnage. Selon les autorités locales, des membres du gang « Kokorat San Ras » ont tué au moins une dizaine d’habitants, en représailles à une opération menée quelques heures plus tôt par un contingent sri-lankais. Une fois les soldats repartis vers leur base, les bandits sont revenus semer la terreur.

Quitter la version mobile