Invité à la rubrique « L’Interview » de Radio Télé Confiance, ce mercredi 1er avril 2026, Jean-Robert Argant, coordonnateur du Collectif 4 Décembre, a vivement critiqué la décision du gouvernement d’augmenter les prix des carburants. Bien que cette hausse s’explique en partie par un déséquilibre sur le marché international, il estime que ces raisons restent insuffisantes pour justifier une telle mesure dans le contexte actuel.
Au micro de Peterson Joseph Premier, Jean-Robert Argant a qualifié l’augmentation d’« indécente », accusant les autorités d’avoir agi dans une logique d’intérêts personnels au détriment de la population. Selon lui, les décideurs se seraient entendus pour gonfler les prix, et c’est le consommateur final qui en paiera les conséquences. Il dénonce ce qu’il considère comme une négligence des autorités face à la dégradation des conditions de vie des Haïtiens, marquée par l’insécurité et la précarité économique.
Le responsable de la société civile juge par ailleurs « insultante » la justification officielle, notamment lorsqu’elle s’appuie sur la hausse du baril de pétrole liée aux tensions internationales, dont la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran. Pour étayer ses propos, Jean-Robert Argant a rappelé l’évolution des prix du carburant en Haïti ces dernières années.
En 2021, alors que le baril s’échangeait à 74,40 dollars, le gallon de gazoline se vendait à 201 gourdes, le kérosène à 163 gourdes et le diesel à 169 gourdes. Une première hausse est ensuite intervenue la même année, faisant passer la gazoline de 201 à 250 gourdes, le diesel de 169 à 353 gourdes et le kérosène de 163 à 352 gourdes.
En 2022, le baril atteignait 89 dollars, entraînant une nouvelle augmentation : la gazoline est passée de 250 à 570 gourdes, le diesel de 353 à 670 gourdes et le kérosène de 352 à 665 gourdes. Il souligne qu’à l’inverse, les baisses du prix du pétrole sur le marché international n’ont jamais été répercutées en faveur des consommateurs haïtiens.
Par ailleurs, dans une note publiée le 31 mars 2026, le Collectif du 4 Décembre 2013 a exprimé son opposition ferme à cette augmentation. Le document rappelle que la mesure intervient dans un contexte de crise marqué par l’insécurité, les déplacements forcés de population et la paralysie de nombreux axes routiers. Le Collectif estime qu’elle ne fera qu’aggraver le coût de la vie et détériorer davantage les conditions d’existence des citoyens.
L’organisation dénonce une gestion incohérente des ressources publiques, rappelant que les précédentes baisses du prix du pétrole n’ont jamais bénéficié à la population. Elle appelle les autorités à renoncer à toute augmentation, exige l’application de mesures d’austérité strictes et plaide pour la mise en place d’une Chambre de contrôle de la transition, afin d’assurer une meilleure gouvernance et prévenir les dérives.

