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La PNH annonce avoir repris le contrôle de Belot à Kenscoff

La Police nationale d’Haïti (PNH) a annoncé mardi 6 octobre avoir repris le contrôle de Belot, une localité stratégique de la commune de Kenscoff. Cette annonce intervient après plusieurs jours d’affrontements avec les groupes armés qui menaçaient d’étendre leur emprise sur cette zone montagneuse au sud-est de Port-au-Prince.

Selon les informations communiquées par la PNH, des échanges de tirs ont eu lieu dans le secteur de Belot, où les unités de police poursuivent leurs opérations dans plusieurs localités de la commune. La reprise de ce point stratégique constitue une avancée revendiquée par les forces de l’ordre, même si la situation sécuritaire demeure précaire dans l’ensemble de la zone.

Kenscoff est en proie à une offensive des groupes armés depuis janvier 2025, date du premier grand assaut contre cette commune autrefois paisible. Entre le 27 janvier et le 27 mars 2025, les Nations unies ont recensé 262 morts et 66 blessés dans les attaques visant Kenscoff et certaines zones de Carrefour, ainsi que le déplacement de plus de 3 000 personnes et la destruction d’environ 200 maisons. Malgré cette première alerte, les mesures de sécurité n’ont jamais été véritablement renforcées, selon les organisations de défense des droits humains.

La situation s’est encore dégradée en juillet et août 2026. La coalition de gangs Viv Ansanm a lancé deux attaques d’une violence inouïe, les nuits du 7 juillet et du 23 août. Un rapport de la Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) fait état d’au moins 164 personnes tuées et 23 blessées lors de ces deux massacres, ainsi que 71 personnes enlevées. Parmi les victimes figurent 21 personnes âgées de 65 à 90 ans, sept enfants, dont un de quatre ans, et 36 femmes.

L’attaque du 23 août a été particulièrement meurtrière : au moins 47 personnes ont été tuées, dont 22 exécutées dans une église où elles avaient cherché refuge. Plus de 4 200 personnes ont été déplacées à la suite de cette attaque, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

À l’échelle nationale, les chiffres communiqués par les organisations internationales témoignent de l’ampleur de la crise. Au moins 3 050 personnes ont été tuées au cours du premier semestre 2026, selon le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). Depuis le début de 2022, plus de 21 000 personnes ont perdu la vie dans la violence des gangs. Environ 1,47 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, soit 12 % de la population haïtienne.

La reprise de Belot par la PNH, si elle se confirme, marque une tentative de reconquête d’un territoire symbolique. Mais les défis restent immenses : les groupes armés disposent d’un important arsenal, et les organisations humanitaires continuent d’appeler à un renforcement urgent des dispositifs de protection dans cette commune devenue l’un des principaux théâtres de la guerre des gangs en Haïti.

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