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L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana dénonce les conditions électorales en Haïti et réclame un accord politique préalable

L’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana a vivement critiqué, le 22 juillet 2026, le lancement du processus électoral en Haïti, estimant que les conditions sécuritaires et politiques actuelles rendent impossible l’organisation d’un scrutin libre, inclusif et crédible. Dans un communiqué publié mercredi, le Comité de pilotage de cette structure dénonce les récentes déclarations du chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), Carlos Gabriel Ruiz-Massieu Aguirre, qui a affirmé devant le Conseil de sécurité de l’ONU que l’insécurité ne saurait justifier un report indéfini du processus électoral.

Les signataires de l’Accord de Montana contestent également l’évaluation optimiste du gouvernement haïtien, lequel prétend observer une amélioration de la situation sécuritaire. Pour les signataires, ces discours officiels sont en totale contradiction avec la réalité vécue quotidiennement par la population et avec les rapports concordants des organismes internationaux.

Organiser des élections dans un tel contexte où de vastes territoires restent sous le contrôle ou l’influence de groupes armés, reviendrait à « fabriquer une légitimité électorale artificielle », selon l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana. L’organisation pointe en particulier la situation préoccupante dans le département de l’Ouest, qui concentre l’essentiel du corps électoral national, mais également dans l’Artibonite et le Centre, gravement affectées par les violences, les déplacements forcés et l’expansion des gangs.

Au-delà de la dimension sécuritaire, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana rappelle que la crise haïtienne est avant tout une crise de gouvernance, de légitimité institutionnelle et de rupture avec les principes démocratiques fondamentaux. En conséquence, elle appelle à privilégier d’abord un accord politique inclusif et la restauration effective de l’autorité de l’État, avant toute consultation électorale. Organiser un scrutin dans les conditions actuelles, préviennent les signataires de l’Accord de Montana, ne ferait que renforcer l’exclusion et l’instabilité, compromettant davantage l’avenir du pays.

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