Le directeur exécutif de l’Observatoire National de Lutte Contre la Corruption (ONLCC), Ricardo Fléridor, s’apprête à exiger l’ouverture d’une enquête approfondie sur la gestion des dirigeants de l’Office National de l’Aviation Civile (OFNAC) et de l’Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN).
Dans des déclarations faites à RTC, Ricardo Fléridor accuse les responsables de ces deux institutions de monnayer leurs décisions en refusant de délivrer des certificats à de potentiels concurrents des compagnies aériennes déjà établies sur le marché. Selon lui, cette pratique viserait à préserver un monopole exclusif dans le secteur du transport aérien en Haïti.
Le directeur exécutif de l’ONLCC a également déploré qu’aucune enquête n’ait été menée, au cours des six années passées par Hans Ludwidg Joseph à la tête de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), sur le fonctionnement et la gestion de ces institutions.
Par ailleurs, Ricardo Fléridor a rappelé que le gouvernement de transition dirigé par Alix Didier Fils-Aimé avait mis à la disposition de la compagnie Sunrise Airways une enveloppe de 11 millions de dollars américains, présentée comme une prime de risque destinée à lui permettre de poursuivre ses opérations sur le territoire national.
Il est allé plus loin en affirmant que l’ancien président de la commission Économie et Finances de la Chambre des députés, également ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, Jonas Coffy, avait déclaré, lors d’une entrevue accordée à un média de la capitale, Port-au-Prince, que Sunrise Airways avait en réalité bénéficié d’un financement total de 16 millions de dollars américains.
Selon ces informations, cette somme se décomposerait en deux volets : cinq millions de dollars déjà disponibles sous le gouvernement d’Ariel Henry, mais qui n’auraient jamais été décaissés malgré les pressions exercées sur le Premier ministre de l’époque, auxquels se seraient ajoutés les 11 millions de dollars accordés sous le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé.
Malgré ce décaissement important, le service offert par Sunrise Airways demeure, selon Ricardo Fléridor, « catastrophique ».
Le directeur exécutif de l’ONLCC soutient également que Sunrise Airways détient un monopole de fait sur les opérations aériennes en Haïti, et ce, malgré la présence, depuis plusieurs mois, d’une nouvelle compagnie aérienne, ZED Airlines, présentée comme un concurrent potentiel et opérant également sur le territoire national. Ricardo Fléridor affirme que cette compagnie pourrait appartenir à des responsables de l’État ou encore à des dirigeants de Sunrise Airways qui agiraient sous une autre identité commerciale. Ces allégations n’ont toutefois pas été étayées par des preuves publiques.
Depuis la montée en puissance des gangs armés et la décision de nombreuses compagnies aériennes de suspendre leurs vols vers Haïti en raison des tirs enregistrés aux abords de l’aéroport international Toussaint Louverture, le transport aérien est devenu de plus en plus difficile.
Les autorités de l’État n’ont entrepris aucune action concrète pour contraindre les compagnies aériennes à respecter les droits des passagers. Malgré les nombreuses dénonciations, les voyageurs continuent de subir des conditions de transport précaires tout en payant des billets à des prix particulièrement élevés.

