Site icon Radio Télé Confiance

Le prix du pétrole repart à la hausse : quel impact pour Haïti ?

La hausse des cours mondiaux menace d’aggraver une situation sociale déjà explosive en Haïti. Les prix du pétrole ont fortement augmenté lundi sur les marchés asiatiques. Le Brent a progressé de plus de 3 %, dépassant les 107 dollars le baril, après le rejet par Donald Trump d’une proposition iranienne de trêve de sept jours qui prévoyait notamment la réouverture du détroit d’Ormuz. Cette impasse diplomatique s’est immédiatement répercutée sur les marchés mondiaux de l’énergie. Pour un pays comme Haïti, quasi entièrement dépendant du pétrole importé, l’onde de choc est presque instantanée.

Haïti se trouve déjà dans une situation économique extrêmement fragile. En avril 2026, le gouvernement avait été contraint d’augmenter le prix du diesel de 37 % et celui de l’essence de 29 %, provoquant aussitôt une flambée des coûts de transport et une réaction en chaîne sur les prix alimentaires. Aujourd’hui, la nouvelle poussée des cours internationaux risque de rendre une hausse supplémentaire presque inévitable.

Pour la population haïtienne, cela signifie une aggravation de conditions d’existence déjà très précaires. La hausse du carburant renchérit directement le transport, qui représente déjà environ 60 % du prix de vente des denrées alimentaires en Haïti. Selon les données du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, environ 6,4 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire dans le pays, soit plus de la moitié de la population, dont 5,7 millions en situation d’insécurité alimentaire grave. Quand des familles sont déjà contraintes de réduire leurs repas à un par jour, chaque augmentation du prix du carburant en pousse davantage vers la famine.

Pour le gouvernement provisoire dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, c’est un fardeau supplémentaire. Il vient à peine de placer la sécurité au rang de « priorité absolue » de son administration devant l’Assemblée générale des Nations unies, appelant la communauté internationale à honorer ses promesses en déployant pleinement la Force de répression des gangs. Mais la flambée des prix du pétrole rappelle que la crise haïtienne n’est jamais à une seule dimension. Effondrement sécuritaire, asphyxie économique et détresse sociale sont étroitement liés : la dégradation de l’un entraîne rapidement celle des autres. Quand les fluctuations du marché pétrolier mondial se transforment en quelques jours en hausses des prix alimentaires dans les rues de Port-au-Prince, le gouvernement Fils-Aimé affronte un dilemme qui ne lui laisse presque aucune marge de manœuvre.

Quitter la version mobile