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Présidentielle haïtienne-Michel Martelly inscrit sur la plateforme en ligne du CEP: Une candidature sous haute surveillance

Michel Joseph Martelly a déposé, en ligne, sa candidature à la présidence de la République auprès du Conseil électoral provisoire (CEP). À la date du 16 octobre 2026, il figurait comme le 16e postulant à la magistrature suprême. Son dossier a été présenté sous l’étiquette du groupement politique Debloke. Cette démarche ne vaut toutefois pas encore acceptation : l’instance électorale devra examiner la recevabilité de la candidature, vérifier les pièces fournies et statuer sur les éventuelles contestations.

Le retour de l’ancien chef de l’État sur la scène électorale ravive d’abord le souvenir de son passage au pouvoir, entre 2011 et 2015. Ses adversaires dressent un bilan sévère : affaiblissement des institutions, dégradation des conditions économiques et sociales, montée de l’insécurité et développement progressif de la gangstérisation dans plusieurs régions du pays. Ils estiment que son administration a contribué à fragiliser l’État et à créer un climat propice à l’expansion de réseaux armés. La gestion des fonds Petrocaribe reste également au cœur des critiques. Les soupçons de mauvaise gestion, de détournement et d’opacité autour de ces ressources ont durablement marqué l’opinion publique et nourrissent la défiance à l’égard de son héritage.

La candidature de Michel Martelly soulève par ailleurs de nombreuses controverses. Elle divise l’opinion et suscite des interrogations sur sa compatibilité avec les exigences de transparence et de responsabilité. L’ancien président fait l’objet de sanctions adoptées par les États-Unis, le Canada et l’Union européenne. Ces mesures traduisent la méfiance persistante de plusieurs partenaires internationaux et compliquent son retour politique. En outre, il est cité dans un rapport de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), ce qui alimente les débats sur la gestion des deniers publics sous son administration. Il a également été entendu par la justice haïtienne dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse. Cette audition ne constitue pas une condamnation, mais elle place son nom au centre d’une procédure judiciaire très sensible et renforce l’attention autour de sa candidature.

Le dossier demeure donc sous étroite observation, tant en Haïti qu’à l’étranger. Tous les regards sont tournés vers le CEP, dont la décision d’agréer ou de rejeter la candidature de Michel Martelly aura des conséquences majeures sur la suite du processus électoral et sur la confiance des citoyens comme des partenaires internationaux. Cette décision devra être fondée sur les règles juridiques et prise à l’abri des pressions, sous peine d’aggraver les tensions.

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