La salle de l’Assemblée générale des Nations unies était presque vide vendredi 25 septembre 2026 lorsque le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé prenait la parole. La plupart des délégations avaient déjà quitté les lieux. C’est pourtant dans ce silence diplomatique que le chef du gouvernement haïtien a scellé, devant le monde, deux engagements majeurs : rétablir la sécurité et organiser des élections.
Fils-Aimé n’a rien caché de la gravité de la crise. Il a évoqué les massacres, les familles endeuillées, les femmes violées, les enfants privés de leur innocence et les communautés chassées de leurs foyers. « Une victime de plus est une victime de trop », a-t-il lancé. Mais il refuse le fatalisme : « Haïti est debout », répète-t-il, puisant dans l’héritage de Toussaint Louverture et de la Révolution haïtienne la preuve qu’aucun peuple né de la liberté n’abdique devant le chaos.
Le Premier ministre a présenté un plan concret. Le programme P4000 a déjà formé plus de 2 000 policiers, une nouvelle cohorte sortira en novembre. Plus de 1 500 soldats ont été formés, et 15 000 autres le seront dans les trois prochaines années. Le budget des forces de sécurité a été augmenté. « Notre objectif n’est pas seulement de répondre à la crise, mais de bâtir les capacités qui permettront à Haïti d’assurer elle-même sa sécurité », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement intérimaire haïtien a directement interpellé la communauté internationale : la Force de répression des gangs, censée soutenir ces efforts, n’a toujours pas déployé les 5 500 membres prévus. « Un mandat ne suffit pas. Il faut les effectifs, les équipements, les moyens, et surtout la détermination d’aller jusqu’au bout. » Il a dénoncé aussi le trafic transnational d’armes : « Les armes qui tuent les Haïtiens ne sont pas produites en Haïti. »
Deuxième engagement : les élections. Fils-Aimé s’est présenté comme l’homme d’une génération qui a connu la dictature et vu trop d’espoirs brisés par l’instabilité. « Cette transition prendra fin par un bulletin de vote, dans les urnes », a-t-il promis. Le processus est engagé : ressources mobilisées, centres d’inscription ouverts, partis agréés, candidats en lice. Les femmes sont encouragées à participer, les jeunes appelés à prendre leur place.
Mais il a avertit que « la violence, les réseaux criminels et les financements illicites ne doivent trouver aucune voie d’accès aux urnes. » Fils-Aimé a garanti l’indépendance du Conseil électoral provisoire (CEP). « Ces élections ne concernent pas seulement le prochain gouvernement. Elles concernent l’avenir d’Haïti. »
Le Premier ministre a remercié les partenaires, dont les États-Unis, le Canada, la France, le Mexique, le Kenya, la CARICOM, l’OEA, et l’Union européenne, et appelé à un changement de paradigme : passer de l’aide à l’investissement, de la dépendance au partenariat. « La paix ne se maintient pas uniquement par les armes : elle se consolide par le travail et le développement. »

