Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présidé, ce jeudi 17 septembre, une réunion spéciale du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) au siège de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti (DGPNH), à Tabarre. En présence du haut-commandement de la police nationale, le chef du gouvernement a arrêté les priorités de l’action de l’État en matière de sécurité.
Cette démarche a pour objectif central de restaurer l’autorité de la République et l’ordre public sur l’ensemble du territoire national, selon un communiqué de la primature qui informe que les autorités ont passé en revue les progrès réalisés dans le cadre des opérations de reconquête des territoires soumis à la violence des gangs armés, citant particulièrement Kenscoff et Gressier.
En sa qualité de chef du CSPN, poursuit le communiqué, le Premier ministre a donné des instructions fermes au commandant en chef a.i. de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, pour poursuivre et intensifier les opérations de sécurisation et de reconquête. La finalité énoncée : protéger la population, rétablir l’ordre républicain et garantir la libre circulation des personnes et des biens.
Le chef du gouvernement a réaffirmé que le rétablissement de la sécurité et de l’autorité de l’État constitue une priorité absolue, qualifiée de préalable indispensable à la création des conditions nécessaires à la tenue des prochaines élections générales.
Cette réunion intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé. Quelques heures seulement après cette rencontre, cinq élèves ont été enlevés vendredi matin à Bois-Verna, dans le secteur de Lalue, à Port-au-Prince. Deux autres élèves avaient déjà été kidnappés le 9 septembre à Delmas 75. Ces enlèvements s’ajoutent à une longue liste de victimes – journalistes, avocats, cadres de l’administration publique et hauts responsables de l’État – touchées par la vague d’enlèvements qui frappe la région métropolitaine depuis plusieurs semaines.
Par ailleurs, la réunion du CSPN fait suite à la publication, le 16 septembre, du rapport accablant du RNDDH sur les massacres de Kenscoff. L’organisation y dénonçait « la passivité et la léthargie du Conseil supérieur de la Police nationale », présidé par le Premier ministre lui-même, ainsi que le silence des autorités face aux alertes répétées concernant la préparation de l’attaque d’août 2026, qui a fait au moins 164 morts.
Si le CSPN affiche désormais une volonté de reconquête, les récentes attaques et enlèvements laissent planer le doute sur la capacité réelle de l’État à traduire ces annonces en résultats concrets sur le terrain.

