L’Office National de l’Aviation Civile (OFNAC) a officiellement ouvert, ce lundi, un espace dédié aux réclamations et à l’accompagnement des voyageurs à l’aéroport international du Cap-Haïtien. Cette structure vise à offrir un cadre formel aux passagers qui s’estiment victimes de manquements, tout en assurant le traitement des griefs dirigés contre les transporteurs aériens, en particulier Sunrise Airways, fréquemment épinglée pour ses retards chroniques et ses incidents liés aux bagages.
La cérémonie d’inauguration a été présidée par le coordonnateur régional de l’OFNAC, Enold Joseph, en présence de la presse locale et des responsables aéroportuaires. Dans son allocution, il a souligné que ce bureau répond à une attente pressante, alors que les critiques sur la qualité des prestations se multiplient. « Notre mission est de servir de trait d’union entre les usagers et les compagnies, afin d’apaiser les tensions et de clarifier les responsabilités de chacun », a-t-il expliqué.
Marge Jérôme, responsable du service, a précisé que chaque dossier sera instruit dans un délai de trente jours, avant d’être transmis, si nécessaire, aux juridictions compétentes. Le guichet sera accessible dès 6 heures du matin jusqu’à 20 heures, pour faciliter l’accès des voyageurs en quête de solutions.
Cette initiative survient peu après une prise de position musclée du délégué départemental du Nord, Marc Présumé, qui, lors de la visite du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, avait vivement critiqué Sunrise Airways. Il avait alors dénoncé « des retards récurrents et une prise en charge déplorable des passagers », appelant les autorités à réagir sans délai.
Ces critiques ne sont pas isolées. Les réseaux sociaux et les médias traditionnels relayent régulièrement des témoignages de passagers excédés, comme celui de l’artiste Annie Alerte, qui a récemment rapporté un vol perturbé et une valise égarée. Autant de situations qui alimentent un mécontentement grandissant et une exigence de changements concrets.
Avec ce nouveau bureau, l’OFNAC affiche sa volonté de renforcer la protection des droits des voyageurs et d’imposer davantage de rigueur aux opérateurs aériens. Reste à voir si cette avancée institutionnelle suffira à rétablir la confiance des usagers et à inciter les compagnies à élever leur niveau de service.

