Le président des États-Unis, Donald Trump, a confirmé samedi s’être entretenu avec son homologue salvadorien Nayib Bukele au sujet du déploiement de plus de 2 000 soldats en Haïti. Lors de cet échange, Trump a rapporté avoir laissé carte blanche à Bukele : « Je lui ai dit : “Écoute, tu diriges ton pays, tu dois faire ce que tu as à faire” ».
L’appel, révélé par le média américain Axios et confirmé par le dirigeant américain lui-même, a eu lieu le mardi 27 octobre. Bukele a téléphoné à Trump pour s’assurer que Washington ne s’opposerait pas à cette escalade militaire, qui bénéficie du consentement du gouvernement haïtien. Trump a affirmé samedi avoir répondu ainsi à son homologue: « Fais ce que tu as à faire ». La Maison-Blanche a confirmé que le président américain avait exprimé sa solidarité et ses condoléances pour la situation des militaires salvadoriens.
Le déploiement effectué par San Salvador fait suite à la disparition, le 18 octobre, de quatre techniciens de l’aviation militaire salvadorienne tombés dans une embuscade á Santo, quartier situé au nord de Port-au-Prince et contrôlé par des groupes criminels. Bukele a présenté l’opération comme une mission de sauvetage, tout en menaçant les gangs : « Aujourd’hui, l’attaque n’est rien comparée à ce qui arrive si nous ne récupérons pas les quatre otages vivants », a-t-il écrit sur son compte X.
Quelque 2 000 soldats ont été déployés, un chiffre qui pourrait augmenter selon les sources citées par Axios. Un accord bilatéral approuvé mercredi autorise les forces salvadoriennes à opérer sur le territoire haïtien. Bukele a toutefois assuré que cette intervention « n’est pas une opération contre le peuple haïtien, ni une invasion » .
Cette opération, menée en marge de la mission soutenue par l’ONU, constitue un précédent inhabituel.
Pour Bukele, ce déploiement représente un pari audacieux. Si l’opération réussit, elle pourrait renforcer son stature internationale ; si elle échoue, elle risque d’aggraver le bilan humain déjà lourd d’Haïti et d’embarrasser le dirigeant salvadorien.
crédit photo: Le Devoir









