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Haïti-Sécurité: Entre annonces d’offensives et réalité du terrain, la population attend des actes

Le gouvernement haïtien a une nouvelle fois réaffirmé sa détermination à écraser les groupes criminels. Dans un communiqué de presse publié ce 3 novembre 2026, l’exécutif monocéphale dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé annonce que l’État passe à l’offensive. Cependant, cette déclaration d’intention résonne comme un écho aux nombreuses promesses passées. Ce n’est pas la première fois que le chef du gouvernement annonce une guerre totale contre les gangs. Pourtant, sur le terrain, ces derniers continuent de défier l’autorité de l’État avec une arrogance croissante, tandis que la population, elle, attend toujours de pouvoir vaquer librement à ses activités dans un climat sécuritaire.

Selon le communiqué officiel, cette nouvelle dynamique s’appuie sur une coordination renforcée entre la Police Nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et la Force de répression des gangs (FRG). Le gouvernement insiste sur le fait que cette stratégie vise à neutraliser les groupes armés et à reconquérir progressivement les territoires sous leur joug. L’exécutif souligne que si le renforcement de la FRG bénéficie du soutien des Nations unies et de plusieurs pays partenaires, le leadership politique et stratégique des opérations demeure fermement entre les mains de l’État haïtien.

Pour matérialiser cette offensive, le gouvernement met en avant ses investissements dans les ressources humaines et matérielles. Plus de 3 258 nouveaux policiers ont été recrutés à travers trois promotions, et l’acquisition de véhicules blindés et d’équipements spécialisés se poursuit. Les opérations déjà engagées dans des zones névralgiques comme Kenscoff et Gressier ont vocation à s’intensifier et à s’étendre aux départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, des régions profondément gangrenées par la violence.

Le message de l’exécutif se veut ferme : « L’État haïtien ne renoncera à aucun territoire. » Le gouvernement promet également que cette lutte sera menée dans le strict respect des droits humains, assurant que la cible reste les gangs armés et non les civils.

Toutefois, au-delà de la rhétorique officielle, l’urgence est palpable dans les rues de Port-au-Prince et en province. Les déplacements massifs de populations fuyant les massacres, la paralysie économique et le sentiment d’abandon traduisent le décalage entre les annonces gouvernementales et la dure réalité. Pour les citoyens pris en étau, la reprise des territoires ne sera une véritable victoire que lorsqu’ils pourront enfin retourner à leurs activités quotidiennes sans craindre pour leur vie, marquant ainsi la fin effective de l’emprise des caïds sur la République.

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