La vague bleue annoncée s’est transformée en raz-de-marée. Portés par un vote sanction contre Donald Trump et son administration, les démocrates ont reconquis mardi 3 novembre la Chambre des représentants et le Sénat, infligeant une défaite cuisante au Parti républicain. Selon les projections des grands médias américains, le camp progressiste contrôle désormais l’intégralité du Congrès, une situation inédite depuis des décennies.
À la Chambre, les démocrates ont obtenu au moins 224 sièges, contre 133 pour les républicains, plusieurs dizaines de circonscriptions restant encore à pourvoir. Au Sénat, ils disposent d’une majorité d’au moins 53 élus, voire 54 selon les décomptes, après avoir ravi au moins sept sièges aux républicains. Fait rare, la vague démocrate a submergé des bastions républicains historiques : le Texas, le Kansas, la Caroline du Sud, l’Iowa ou encore l’Ohio ont basculé dans l’escarcelle bleue. Au Texas, James Talarico a décroché un siège sénatorial qui échappait aux démocrates depuis près de quarante ans, tandis qu’au Kansas, Adam Hamilton est devenu le premier sénateur démocrate élu depuis 1932.
Cette déroute républicaine s’explique avant tout par le profond mécontentement des électeurs. L’inflation, la hausse du coût de la vie et l’impopularité de la guerre en Iran, déclenchée par l’administration Trump, ont dominé les préoccupations des votants. Ce scrutin a ainsi pris des allures de référendum « pour ou contre » le locataire de la Maison Blanche. Donald Trump a d’ailleurs reconnu sa défaite, affirmant « accepter » les résultats tout en refusant d’en assumer la responsabilité personnelle.
Au-delà du basculement des chambres, ces midterms ont été marqués par des victoires historiques pour les minorités. Abdul El-Sayed est devenu le premier sénateur musulman du pays dans le Michigan, tandis qu’une femme amérindienne a été élue pour la première fois au Sénat et qu’une femme noire a été élue gouverneure dans le Wisconsin. Cette victoire sans appel rebat les cartes politiques à deux ans de la présidentielle de 2028 et promet de considérablement restreindre les marges de manœuvre de Donald Trump pour la fin de son mandat.









