
La justice fédérale américaine a inculpé Rafael Guerrero, un résident de Pembroke Pines, en Floride, pour son implication présumée dans le complot ayant précédé l’assassinat de l’ancien président haïtien Jovenel Moïse, tué le 7 juillet 2021 dans sa résidence privée à Pèlerin 5, à Pétion-Ville.
Selon les procureurs fédéraux de Miami, Guerrero aurait pris part à plusieurs démarches liées au financement et à la préparation d’un projet visant à renverser le président haïtien et à installer Christian Emmanuel Sanon à sa place.
Une opération financée en partie depuis la Floride
Les autorités américaines s’intéressent notamment à une ligne de crédit de 175 000 dollars accordée quelques mois avant l’assassinat à une société de sécurité établie à Doral.
Rafael Guerrero avait signé comme témoin lors de cette opération financière. Les procureurs estiment que cette somme aurait notamment servi à financer le projet porté par Christian Emmanuel Sanon, un pasteur haïtiano-américain qui cherchait à renverser l’ancien Président violemment.
Le chef d’accusation affirme également que Guerrero aurait participé à des réunions au cours desquelles auraient été discutés des plans destinés à renverser Jovenel Moïse par la force.
Des armes et équipements au centre des accusations
D’après les éléments présentés par les procureurs, Guerrero aurait aussi participé à des rencontres portant sur l’acquisition d’armes et de munitions qui devaient être destinées à d’anciens militaires colombiens.
Il lui est également reproché d’avoir pris part à des démarches visant à faire parvenir clandestinement en Haïti des gilets pare-balles et d’autres équipements.
Ces accusations viennent s’ajouter aux procédures déjà engagées aux États-Unis autour du complot ayant conduit à l’assassinat du président haïtien. En mai 2026, quatre personnes ont été reconnues coupables à Miami pour leur rôle dans cette affaire.
Des poursuites fondées sur le Neutrality Act
Rafael Guerrero a comparu devant un tribunal fédéral de Miami. Il est poursuivi pour complot visant à commettre un acte de violence contre les États-Unis, en vertu du Neutrality Act.
Cette législation américaine encadre notamment certaines opérations privées ou expéditions armées organisées depuis le territoire des États-Unis contre des pays avec lesquels Washington n’est pas officiellement en guerre.
En cas de condamnation, Guerrero pourrait encourir jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, ainsi qu’une période de trois (3) de liberté surveillée et une amende pouvant atteindre 250 000 dollars. Les procureurs réclament également la confiscation de certains biens qu’ils estiment liés aux faits reprochés.
Le dossier Sanon se poursuit
Cette nouvelle inculpation intervient alors que Christian Emmanuel Sanon doit également faire face à la justice américaine. Son procès est prévu pour la fin de ce mois dans le cadre de la procédure fédérale.
Alors que plus de cinq (5) que la justice haïtienne reste muette sur l’assassinat de Jovenel Moïse, les investigations et poursuites judiciaires menées aux États-Unis continuent ainsi de faire émerger de nouveaux éléments sur le financement et la préparation du complot.








