Dans un entretien accordé à Radio Télé Confiance, Augustin Saint-Clou, roi au sein du Royaume vodou haïtien et désormais Ati national après délibération et acclamation de la Confédération nationale des vodouisants haïtiens (KNVA), a fermement défendu la place du vodou dans la construction de l’identité nationale, ainsi que dans la résolution de la crise multidimensionnelle que traverse le pays, marqué par une insécurité toujours grandissante et la pauvreté.
Pour Augustin Saint-Clou, le tout premier combat qu’il doit mener en tant qu’Ati national, c’est de remettre le vodou au centre de l’histoire et de la culture haïtiennes. « Oublier le vodou, c’est s’effacer soi-même », martèle-t-il, dénonçant les tentatives de marginalisation de cette tradition ancestrale.
Au-delà de sa dimension religieuse, il insiste sur le caractère structurant du vodou, qu’il présente comme un véritable système de pensée ayant contribué à forger l’âme du peuple haïtien, notamment durant la lutte pour l’indépendance. « Si nous voulons réellement avoir une deuxième indépendance, il faut d’abord remercier les entités qui nous ont aidés à réaliser la première », affirme M. Saint-Clou.
Dans cette perspective, il estime que l’Ati national qu’il est aujourd’hui ne doit pas être perçu uniquement comme un guide spirituel, mais comme une figure rassembleuse, capable d’incarner l’unité nationale et de porter la voix de toutes les composantes de la société.
Par ailleurs, le nouvel Ati national a tenu à saluer deux jeunes figures haïtiennes qui viennent de se distinguer sur la scène internationale : Abigaïl Alexandre, lauréate du plus grand concours francophone de prise de parole en public au monde, en France, et Ariana Lafond, qui, par son immense talent, contribue à renforcer les liens entre Haïti, première république noire, et l’Afrique. Un hommage qui, selon le roi du vodou haïtien, illustre le rayonnement et le potentiel du peuple haïtien au-delà de ses frontières.
Appelant à une réappropriation assumée de cet héritage, le nouvel Ati invite les Haïtiens à dépasser toute forme de stigmatisation et à reconnaître le vodou comme un pilier essentiel de leur identité collective.










