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Brésil : le gouvernement suspend les taxes sur l’essence à deux semaines du second tour de la présidentielle

Le gouvernement brésilien a annoncé vendredi la suspension des taxes fédérales sur l’essence pendant 30 jours, ainsi que la prolongation des subventions sur l’éthanol et le diesel. Cette mesure vise à contenir la flambée des prix des carburants, à deux semaines seulement du second tour de l’élection présidentielle.

Selon le décret publié par le gouvernement, les taxes PIS/Pasep, Cofins et CIDE-Combustíveis sur l’essence sont désormais entièrement supprimées. L’allègement fédéral passe ainsi de 0,63 real à 0,89 real par litre, ce qui devrait réduire la pression à la pompe de près d’un real. Parallèlement, la subvention accordée aux importateurs de diesel est relevée de 2,12 à 3,52 reals par litre, et celle sur l’éthanol est également élargie. L’ensemble du dispositif devrait représenter un coût budgétaire d’environ 5,2 milliards de reals sur trente jours. Le gouvernement affirme qu’il sera compensé par les recettes pétrolières, maintenant ainsi une « neutralité fiscale ».

L’annonce intervient à un moment délicat. Au premier tour du 4 octobre, Flavio Bolsonaro a créé la surprise avec 47,03 % des voix, devançant Lula (45,16 %). Les deux hommes s’affrontent désormais au second tour. Le dernier sondage Datafolha crédite Flavio Bolsonaro de 52 % des voix valides contre 48 % pour Lula — un écart dans la marge d’erreur, mais une dynamique nettement favorable au candidat de droite.

Le prix de l’essence figure parmi les indicateurs les plus sensibles pour l’électorat brésilien. Dans un scrutin aussi serré, cette mesure est largement interprétée comme une stratégie électorale du camp Lula pour séduire les classes populaires.

Le déclencheur immédiat est l’envolée des cours mondiaux du brut. Le 8 octobre, le baril de Brent a brièvement dépassé 105 dollars, avec une hausse de plus de 5 % en une seule journée. Cette flambée résulte d’une escalade brutale au Moyen-Orient : le trafic des pétroliers dans le détroit d’Ormuz est tombé à moins de la moitié de la normale, les Houthis multiplient les attaques contre des cibles saoudiennes, et Washington évoque ouvertement une action militaire contre l’Iran.

Pour le Brésil, dépendant des importations de carburants, cette hausse se répercute rapidement sur les prix à la pompe — un risque politique majeur à la veille du scrutin. Le gouvernement justifie donc cette suspension fiscale par la nécessité de « amortir la transmission des chocs extérieurs sur les prix intérieurs ».

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