Cinq élèves, dont trois frères et sœurs, ont été enlevés vendredi matin dans le secteur de Lalue, à Bois-Verna, au centre-ville de la capitale haitienne. Ce énième rapt collectif intervient treize jours après l’annonce d’un dispositif de sécurité pour la rentrée, et alors que les enlèvements se multiplient dans la capitale sans que les autorités ne réagissent.
Des hommes armés ont intercepté les écoliers alors qu’ils quittaient leur domicile, entre les rues Camelo et Dufort. Selon plusieurs médias locaux, les victimes ont été embarquées de force dans un véhicule, avant que les ravisseurs ne prennent la fuite. Aucune information n’a depuis filtré sur leur sort, ni sur l’identité ou les motivations des kidnappeurs. Les familles attendent, sans aucune communication officielle.
Ce rapt survient treize jours à peine après que le gouvernement a présenté un dispositif spécial pour la rentrée 2026-2027, promettant la mobilisation de 10 750 policiers sur l’ensemble du territoire. Dans la pratique, cette annonce n’a pas empêché les enlèvements d’élèves de se poursuivre. Le 9 septembre, deux écoliers avaient déjà été enlevés à Delmas 75, en compagnie de leur chauffeur.
La recrudescence des kidnappings ne se limite pas aux écoles. Ces dernières semaines, journalistes, avocats, cadres de l’administration et hauts responsables de l’État ont été tour à tour ciblés. Le 9 septembre, le journaliste Wesly Renaud Jean était enlevé à Delmas 31. Deux jours plus tôt, l’avocat Caleb Jean-Baptiste et la directrice de l’ONAPE, Stéphanie Paultre, étaient kidnappés à Gros-Morne. James Boyard, directeur de cabinet du ministre de la Défense, avait lui-même été ravi à Bourdon, quartier pourtant réputé sûr.
Face à cette escalade, la Police Nationale d’Haïti et la Force de Suppression des Gangs restent largement inaudibles. Les opérations de libération se font rares, et la protection des citoyens demeure théorique.
Le Conseil Supérieur de la Police Nationale, présidé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, n’a publié aucune déclaration substantielle sur cette vague d’enlèvements. Le gouvernement, lui, concentre son discours sur les élections à venir et la « reconquête du territoire », laissant les familles haïtiennes se débrouiller seules face à la terreur quotidienne.









