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Gressier en cendres : une population abandonnée face aux flammes et aux balles

Dans la nuit du 18 au 19 août 2026, le quartier Jasmin, dans la commune de Gressier, au sud de Port-au-Prince, a été ravagé par une violente offensive armée. Des hommes lourdement équipés ont mis le feu à une grande partie des habitations, forçant des familles entières à prendre la fuite dans une précipitation et une détresse inouïes. Ceux qui ont survécu décrivent une nuit d’horreur, entre tirs nourris et flammes dévorantes, tandis que les secours tardent toujours à arriver.

L’accès à la zone est quasiment impossible. Des barricades de pierres et de véhicules calcinés barrent toutes les routes, transformant Jasmin en un secteur coupé du pays. Les forces de l’ordre, dépassées par l’ampleur des attaques, ne parviennent pas à s’approcher des lieux. Dans ce contexte de chaos, les résidents, blessés ou encore valides, lancent un appel désespéré aux autorités : ils réclament une intervention aérienne par hélicoptères ou drones pour briser l’étau sécuritaire.

Depuis plusieurs semaines, les groupes armés imposent leur emprise sur ce quartier de Gressier, multipliant les exactions avec une impunité totale. Les témoignages recueillis sur place font état de familles contraintes d’abandonner leur foyer sous une pluie de balles, de maisons soufflées par les incendies et d’une population terrifiée qui ne sait plus à qui se fier. Les barricades, toujours plus nombreuses, rendent tout mouvement impossible, y compris pour les ambulances et les secouristes.

Face à cette spirale de violences, les forces de sécurité semblent impuissantes. Mal équipées et souvent en sous-effectif, elles peinent à reprendre le contrôle d’un territoire devenu un véritable bastion des gangs. Les habitants crient leur colère et leur sentiment d’abandon : aucune protection efficace ne leur est offerte, et les heures passent sans qu’une réponse concrète ne soit apportée alors que la force de répression des gangs (FRG) n’a toujours pas lancé les opérations d’envergure attendues par la population.

La tragédie de Gressier révèle une fois de plus les fragilités de l’État haïtien et son incapacité à protéger ses citoyens

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