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Kenscoff ensanglantée : l’impuissance d’un État à la dérive

Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août 2026, la commune de Kenscoff a été le théâtre d’une nouvelle tragédie d’une ampleur insoutenable. Le centre-ville a été pris d’assaut par des hommes lourdement armés issus de la coalition criminelle « Viv Ansanm ». Des rafales d’armes automatiques ont retenti pendant des heures, tandis que des habitations et des lieux de culte étaient réduits en cendres. Selon des témoins oculaires et des sources locales concordantes, plusieurs dizaines de personnes ont trouvé la mort au cours de cette offensive sanglante, semant la désolation et la panique au sein d’une population déjà éprouvée.

Massillon Jean, magistrat de la commune, a confirmé le caractère catastrophique de cette attaque, bien qu’il n’ait pas encore pu établir un bilan chiffré définitif. Visiblement accablé, il a dénoncé avec amertume la violence inouïe des assaillants et a lancé un appel pathétique aux autorités centrales pour qu’elles repensent d’urgence leur approche sécuritaire. « Chez le docteur Pape, ils ont froidement assassiné le gardien, abattu le chien et tué des chevaux », a-t-il confié à des journalistes de la capitale, témoignant ainsi de la barbarie gratuite qui a marqué cette incursion meurtrière. Un agent de sécurité travaillant pour la mairie de Kenscoff figure également parmi les victimes, son corps retrouvé sans vie près de l’entrée de l’édifice municipal.

Cette attaque révèle une fois encore l’impuissance chronique des forces de l’ordre haïtiennes face à la montée en puissance des groupes criminels. La Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), plombées par des effectifs faméliques et des équipements inadéquats, ne parviennent pas à contenir l’escalade de violence qui gangrène le pays. Certes, des agents ont été envoyés en renfort et ont réussi à repousser les assaillants, mais leur intervention est intervenue trop tard pour éviter le pire. La commune de Kenscoff, comme tant d’autres zones du pays, est livrée à elle-même, abandonnée face à des prédateurs qui agissent en toute connaissance de cause.

Ce bain de sang est d’autant plus emblématique qu’il s’est déroulé sous le regard impuissant de la Force de répression des gangs (FRG), cette mission multinationale censée incarner l’espoir d’une répression enfin efficace contre les bandes armées. Pourtant, force est de constater que cette force, dont le mandat explicite est de « neutraliser, isoler et dissuader » les criminels, reste pour l’heure confinée à une phase de déploiement laborieux.

Alors que des corps de victimes sont encore extraits des ruines à Kenscoff, ce nouveau massacre constitue un énième signal d’alarme. Il rappelle avec une cruelle évidence que l’Haïti d’aujourd’hui, rongée par l’insécurité et l’impuissance de ses institutions, se trouve à un carrefour tragique.

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