Accueil / Politique / L’Opposition Progressiste lance un appel à la nation et propose un Exécutif bicéphale

L’Opposition Progressiste lance un appel à la nation et propose un Exécutif bicéphale

Dans une adresse à la nation rendue publique le 12 octobre 2026, l’Opposition dit Progressiste dresse un constat sévère de la situation haïtienne et propose une alternative politique face à ce qu’elle qualifie de transition ratée. Signé par plusieurs regroupements politiques et personnalités, dont Me Annibal Coffy, l’ex-Sénateur Dieuseul Simon Desras, l’ancien Député Jonas Coffy, l’Ingénieur Saint-Armand Delissaint, Jeantel Joseph, le Professeur Delson Clius, Me Francisco Alcide, Marc-Arthur Mésidor et l’Ingénieur Jonas Jean Félix, le document appelle à la mobilisation des forces vives du pays.

Dans son texte, l’Opposition Progressiste décrit une Haïti traversant « la crise la plus sombre de son histoire moderne », marquée par une dégradation continue de la situation sécuritaire, politique et institutionnelle. Les familles vivent dans la peur, l’économie est exsangue et la population s’enfonce dans une catastrophe humanitaire que le document qualifie d’insupportable.

Face à ce drame, le pouvoir en place est accusé d’une « passivité déconcertante ». Selon les signataires, aucune décision de la gouvernance actuelle ne laisse entrevoir le moindre début de solution, et la population, abandonnée, a totalement perdu confiance. Le document met ainsi en cause « l’incompétence flagrante et l’irresponsabilité totale » des dirigeants actuels.

L’Opposition dit Progressiste s’en prend également au Conseil Électoral Provisoire (CEP) et au pouvoir de facto, qu’elle accuse de se livrer à « un concours d’improvisation désolant ». Le document souligne qu’un décret a été revu et réécrit à quatre reprises, tout en imposant un calendrier électoral jugé totalement inopérant. Cette démarche est présentée comme une fuite en avant accomplie au mépris des urgences institutionnelles et du drame humanitaire.

Le texte prend acte des positions exprimées récemment par diverses structures de la vie nationale. Le Secteur Privé des Affaires, engagé dans la cogestion du pouvoir exécutif, reconnaîtrait désormais l’impasse. La Conférence Épiscopale d’Haïti, de son côté, a relevé « le spectacle d’une gouvernance défaillante, incapable d’assurer le rétablissement de la paix publique et la protection de la population ». Ces constats rejoignent, selon les signataires, la réalité quotidienne du peuple : la faillite totale de l’État.

L’Opposition Progressiste condamne avec véhémence les démarches opportunistes qui tentent d’abuser de la médiation ou du dialogue national. Ces manœuvres n’auraient qu’un objectif : maintenir le statu quo, faire durer la transition et prolonger les privilèges de ceux qui ont participé à la déconstruction du pays. L’heure n’est plus, selon le document, aux arrangements d’arrière-boutique.

Pour sortir de cette impasse, l’Opposition dit Progressiste propose une seule voie : restaurer l’autorité de l’État afin de rétablir l’ordre constitutionnel. Le document indique que de larges consultations ont déjà été engagées avec l’ensemble des forces vives du pays, dans le but de dégager une véritable alternative politique. Celle-ci serait fondée exclusivement sur l’intérêt général et s’articulerait autour d’un Exécutif bicéphale légitime, capable d’incarner l’autorité nécessaire pour diriger cette phase critique.

L’Opposition Progressiste réaffirme la nécessité d’un retour à la démocratie par les urnes, mais pas dans n’importe quelles conditions. Elle exige que le CEP recouvre son indépendance en s’affranchissant du contrôle de l’Exécutif de facto. Le scrutin devra également s’organiser autour d’une démarche garantissant la sécurité, la crédibilité des organisateurs et la souveraineté du choix populaire.

Les signataires lancent enfin un appel solennel aux partis politiques engagés, organisations de la société civile, secteur privé, syndicats, organisations de la diaspora, organisations de femmes et à la jeunesse haïtienne. L’Opposition Progressiste invite toutes ces forces à rejoindre les consultations en cours afin de « fermer le chapitre amer de cette transition ratée » et d’ouvrir celui de la renaissance d’Haïti. « Le pays ne mourra pas. L’avenir appartient à ceux qui luttent pour la sécurité et la dignité », conclut le texte.

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

RTC - Radio Confiance

Réalisé par @trice

Social Icons