Après près de deux ans d’interruption totale, la compagnie aérienne américaine American Airlines a officiellement repris ses opérations en Haïti. Le premier vol en provenance de Miami, aux États-Unis, a atterri ce dimanche 1er novembre à l’aéroport international du Cap-Haïtien. Cet événement marque une étape importante pour la connectivité du pays et offre une bouffée d’oxygène à la région du Nord.
L’appareil, un Boeing 737, a été accueilli avec soulagement par les passagers et les autorités locales. Selon les informations communiquées, l’équipage de ce vol inaugural était entièrement composé de ressortissants haïtiens. Un détail hautement symbolique qui souligne l’importance de la diaspora et du personnel navigant haïtien au sein de la compagnie américaine, renforçant le lien direct entre la Floride et la deuxième ville du pays. Cette reprise des liaisons aériennes régulières est cruciale pour l’économie du Nord, dépendante des échanges commerciaux et des voyages vers les États-Unis.
Toutefois, cette reprise des vols demeure partielle et met en lumière les profondes disparités sécuritaires du pays. American Airlines n’a toujours pas annoncé la réouverture de ses liaisons vers l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince. La capitale haïtienne reste enlisée dans une grave crise sécuritaire entretenue par les gangs armés, qui contrôlent une grande partie de la ville et des axes routiers principaux.
Les violences incessantes, les menaces pesant sur les infrastructures et l’insécurité généralisée rendent toujours trop risquées les opérations commerciales régulières dans la capitale pour les compagnies aériennes internationales. Le choix de rouvrir la route de Miami vers le Cap-Haïtien illustre donc un contraste flagrant : d’un côté, une ville du Nord relativement épargnée par les récents pics de violence, et de l’autre, une capitale sous la coupe des groupes criminels.
Si l’atterrissage de ce Boeing 737 constitue un signe encourageant de normalisation partielle et une alternative vitale pour les voyageurs, il rappelle douloureusement que l’espace aérien haïtien reste profondément fracturé par l’instabilité.









